{"id":46,"date":"2025-05-26T17:08:22","date_gmt":"2025-05-26T15:08:22","guid":{"rendered":"http:\/\/legabib.cluster100.hosting.ovh.net\/blog\/?page_id=46"},"modified":"2025-05-26T17:08:22","modified_gmt":"2025-05-26T15:08:22","slug":"hommage-a-nos-anciens","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/hommage-a-nos-anciens\/","title":{"rendered":"Hommage \u00e0 nos anciens"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"417\" src=\"http:\/\/legabib.cluster100.hosting.ovh.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/bandeau-cassis-nuage-eglise.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-48\" srcset=\"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/bandeau-cassis-nuage-eglise.jpg 1000w, https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/bandeau-cassis-nuage-eglise-300x125.jpg 300w, https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/bandeau-cassis-nuage-eglise-768x320.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le Gabian D\u00e9cha\u00een\u00e9 et le forum de cassis ?!<br>Un vieux monsieur me fera un grand plaisir un soir, en me confiant:<br>\u2013 Tu sais que ton forum, c\u2019est un journal citoyen engag\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre le pays comme il n\u2019y en avait jamais eu depuis fort longtemps\u2026<br>En remontant dans le temps, je ne vois que celui d\u2019Emile Bodin en 1930, le \u00abCALENDAL\u00bb c\u2019\u00e9tait un bi mensuel destin\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre la population rurale contre l\u2019usine de ciments qui \u00e9ventrait les terrains au-dessus de la gare, et les carri\u00e8res de Port-Miou qui d\u00e9truisaient les calanques.<br>Comme Emile, vous partez en croisade et vous d\u00e9noncez les affaires qui sont un risque pour le patrimoine cassiden !<br>Je pense que s\u2019il \u00e9tait encore l\u00e0, il serait avec vous plus jeune que jamais !<br>\u2013 Je lui ai r\u00e9pondu, mais il est avec nous ! Paul Truchon<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"200\" height=\"375\" src=\"http:\/\/legabib.cluster100.hosting.ovh.net\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/calendal.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-47\" srcset=\"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/calendal.jpg 200w, https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/calendal-160x300.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Et si aujourd\u2019hui je vous parlais un peu de mon village que j\u2019aime ?<br>D\u2019autant que dans mes amis, tous ne sont pas de la r\u00e9gion. Alors autant essayer qu\u2019ils se l\u2019imaginent comme je le vois. Autrement que des commentaires d\u2019un guide touristique ou d\u2019un conteur des rues qui vont vous gaver d\u2019informations glan\u00e9es dans les archives municipales, dont vous n\u2019avez rien \u00e0 foutre pour 90%\u2026 mais d\u2019en parler simplement avec mon c\u0153ur de fada !<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le coup, j\u2019ai une envie de la faire un peu longue, avec mon accent du pays et un soup\u00e7on d\u2019un insolent chauvinisme, pour passer un message aux visiteurs du hasard. Vous conter ce village proven\u00e7al qui est le mien, en essayant de vous d\u00e9voiler son \u00e2me plut\u00f4t que de d\u00e9peindre l\u2019image ensoleill\u00e9e genre carte postale de son port, de ses plages ou de ses calanques, qui pourtant, m\u00e9ritent aussi qu\u2019on s\u2019y attarde.<\/p>\n\n\n\n<p>Il se peut qu\u2019un jour, en route pour la c\u00f4te d\u2019azur, avec le v\u0153u de s\u00e9journer dans la r\u00e9gion dites plus glamour, vers Nice, Canne, ou St-Trop\u2026 au carrefour d\u2019un p\u00e9age d\u2019autoroute traversant le massif du Garlaban, en arrivant sur Aubagne, vous preniez au hasard la direction de Toulon et le bord de mer plut\u00f4t que par les terres du c\u00f4t\u00e9 de Brignoles, pour rejoindre votre destination initiale de vill\u00e9giature.<br>Sachez que par-l\u00e0, dans le trou juste derri\u00e8re les collines rondes o\u00f9 pousse la garrigue parfum\u00e9e de mille senteurs, pel\u00e9es par les vents du nord et les flammes, se cache Cassis.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour y acc\u00e9der, donnez-vous la peine de devenir oiseau, grive, mouette, gabian ou aigle de Bonelli, qu\u2019importe, et laissez-vous porter par le mistral en volant bient\u00f4t au-dessus d\u2019une vall\u00e9e o\u00f9, si vous piquez en direction d\u2019une ligne bleue entre ciel et mer, semblant assoupi, bord\u00e9 de rouge par sa falaise et de blanc par ces rochers calcaire, il est l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Traversez les c\u00f4teaux ray\u00e9s de vignes plant\u00e9es sur une terre couleur feuille-morte bord\u00e9e de murets de pierres s\u00e8ches.<br>Vous d\u00e9rivez sur un hameau recouvert de tuiles rondes, rustiques, de glaise rouge, aux travers des rues, vieilles, belles et vivantes de tous ces jeux d\u2019ombres sur des fa\u00e7ades ocre patin\u00e9es.<br>Des toits chacun dissemblable au suivant, de ces ruelles en pente, o\u00f9 si vous posez une bille \u00e0 terre, elle vous guidera jusqu\u2019\u00e0 au milieu d\u2019une foule press\u00e9e et tapageuse, qui circule autour du port tel un carrousel qui ne s\u2019arr\u00eatera qu\u2019\u00e0 la nuit tomb\u00e9e\u2026 Sans que vous pr\u00eatiez attention, en passant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces vieux assis sur le banc du pass\u00e9, \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un platane et de la maison des douanes orn\u00e9e de ses balcons style colonial, juste en face du vieux ch\u00e2teau vaniteux qui se dresse pour faire le fanfaron pos\u00e9 sur son monticule qui surplombe le vieux village.<br>Sur ce banc, nos anciens peuvent vous conter des histoires avec l\u2019accent semblable \u00e0 celui d\u2019une trilogie bien connue, qui devrait bient\u00f4t ne plus faire parti que du folklore.<br>Pourtant, ils sont les derniers t\u00e9moins de ce village de la c\u00f4te \u00e0 l\u2019architecture authentique encore en \u00e9tat de pouvoir imaginer son pass\u00e9, avec des phrases qui chantent des mots si dr\u00f4les, qu\u2019\u00e0 les \u00e9couter raconter de m\u00e9moire, le sourire ne vous quitte plus.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est alors que vous allez comprendre que les petits villages de Provence, rec\u00e8lent bien plus qu\u2019une source intarissable de soleil, machine magique \u00e0 bronzer les cigales du monde entier.<\/p>\n\n\n\n<p>En longeant sur la droite la presqu\u2019ile, la pointe Caca\u00f9 vous cachent encore une merveille, la calanque de Port Miou !<\/p>\n\n\n\n<p>Et non, vous n\u2019avez pas encore tout vu, et c\u2019est en vous parlant de mon pass\u00e9 avec une pointe de nostalgie\u2026 que je vais vous pr\u00e9senter cette calanque qui est \u00e0 moi et que j\u2019aime d\u2019amour ! (enfin dans ma t\u00eate de couillon de la lune)\u2026<br>M\u00eame s\u2019il me faut pour cela appuyer sur un accent que je n\u2019ai retrouv\u00e9 que depuis peu, qui sera \u00e0 son tour choucas des montagnes, canard humide d\u2019avoir travers\u00e9 les cottages normands en y \u00e9parpillant sa semence, puis cassiden en Hispanie et m\u2019y d\u00e9chirer le c\u0153ur\u2026 Je vais me retransformer en gabian pour vous faire chanter les lettres d\u2019histoires de nos steppes calanquoises !<\/p>\n\n\n\n<p>Port Miou ! \u00ab port meilleur \u00bb C\u2019est un nom qui voulait \u00eatre une invite aux marins qui venaient y mouiller sans craindre les temp\u00eates d\u2019Est ou de Mistral, dans cette calanque aussi profonde qu\u2019un fiord.<br>Jadis, elle \u00e9tait la plus belle des Calanques, avant que la carri\u00e8re Solvay ne l\u2019ampute d\u2019une grande partie de son flan b\u00e2bord (quand on arrive du large).<br>Plus jeune, avec mon ami Daniel qui habitait tout pr\u00e8s, sur la route qui descendait \u00e0 la carri\u00e8re, dont la m\u00e8re se faisait un plaisir de me garder alors que la mienne se tuait au travail pour \u00e9lever trois nistons apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de mon p\u00e8re\u2026 nous allions y passer une grande partie de la journ\u00e9e, en fait, c\u2019\u00e9tait notre terrain de jeu pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, entre autre pour grimper dans les wagonnets qui roulaient sur leurs rails charg\u00e9s de gravier, en risquant de se faire \u00e9crabouiller les pieds.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette calanque l\u2019eau \u00e9tait froide \u00e0 cause des sources et de la myst\u00e9rieuse rivi\u00e8re souterraine qui coule marron les jours d\u2019orage, habituellement aussi claire qu\u2019un lagon tropical.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre youyou de bois, que nous avions trouv\u00e9 sur la petite plage, certainement abandonn\u00e9 par un navigateur sans-g\u00eane, n\u00e9cessitant qu\u2019un de nous \u00e9cope pendant que l\u2019autre godille en direction de la passe, pour y voir de pr\u00e8s les voiliers tirant sur leurs amarres, semblant vouloir dire qu\u2019ils \u00e9taient depuis trop longtemps priv\u00e9s de grand large.<br>A cette \u00e9poque, la majorit\u00e9 les bateaux \u00e9taient ceux d\u2019aventuriers. Enfin, il nous plaisait de le croire m\u00eame si seulement quelques-uns avaient pass\u00e9 Gibraltar, tant ils nous attiraient dans des r\u00eaves d\u2019aventures, de corsaires, de cape et d\u2019\u00e9p\u00e9e et de grands voyages, o\u00f9 il n\u2019\u00e9tait pas question de chercher fortune, mais de pouvoir revenir en disant, nous l\u2019avons fait.<\/p>\n\n\n\n<p>Pass\u00e9e mon adolescence, mes r\u00eaves devanceront l\u2019esprit cart\u00e9sien du petit cassiden que j\u2019\u00e9tais, pour aller visiter ces pays imaginaires et m\u2019apercevoir que le plus beau d\u2019entre tous, c\u2019\u00e9tait ici.<\/p>\n\n\n\n<p>Port-Miou ! C\u2019est pas la peine d\u2019y aller pour se baigner au milieu des voiliers amarr\u00e9s tout le long des berges esquich\u00e9s les uns contre les autres, ou y faire une bonne p\u00eache comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il nous suffisait d\u2019une palangrotte et d\u2019un poil de patience, pour y prendre un beau poisson.<br>C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9, malheureusement affligeante, que notre mer m\u00e9diterran\u00e9e se meurt, ce qui ne m\u2019emp\u00eache pas d\u2019imaginer ma calanque, toujours aussi belle avec mes yeux du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je pense \u00e0\u2026 non pas \u00e0 Fernande\u2026 je pourrais te parler du village des heures, du Cassis des ann\u00e9es soixante, avec mon esprit gardien de phare simpliste et r\u00eaveur, avec des souvenirs parfois inavouables, en compagnie de mes fr\u00e8res et de mes amis dont je ne partageais pourtant pas l\u2019esprit s\u00e9dentaire. R\u00e9alit\u00e9 d\u2019une caricature de cassidens qui, pour beaucoup, n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 plus loin que la couronne de Charlemagne, une des vieilles montagnes de calcaire sur le haut du village qui surplombe les vignes et le quartier des janots.<\/p>\n\n\n\n<p>Voir le jour \u00e0 Cassis et y vivre est un privil\u00e8ge qu\u2019on revendique parfois trop fort, d\u2019\u00eatre cassiden et non pas cassidain, dans une suffisance apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 choisis les \u00e9lus d\u2019un paradis avant m\u00eame d\u2019expirer, et sans n\u00e9cessit\u00e9 de passer \u00e0 confesse un abus de luxure\u2026 Cassidens qui m\u00eame pendant la guerre n\u2019ont pas trop connu l\u2019enfer, passant humblement et depuis toujours, d\u2019une saison \u00e0 l\u2019autre, du cri des gabians d\u00e9cha\u00een\u00e9s se disputant l\u2019imprudence d\u2019un banc de sardines, au chant des cigales.<br>Le son cadenc\u00e9 du teuf teuf du moteur Bernard de leur pointu qui se noie dans le jour qui se l\u00e8ve sur un horizon de mer bleue, sans d\u2019autre soucis que d\u2019y prendre un amer sur le phare de Cassidaigne, et un suivant sur la pierre d\u2019Aubagne et la pointe Cacao\u00f9, pour caler ses filets \u00e0 moins d\u2019un mille dans cette baie o\u00f9 dans le temps, l\u2019abondance se devinait au milieu d\u2019une posidonie verdoyante et des fonds rocheux pullulant de gros loups solitaires, des ragues \u00e0 sars d\u00e9bordantes, de m\u00e9rous \u00e0 l\u2019agachon et de petits rougets dont on se r\u00e9gale toujours aujourd\u2019hui, qu\u2019on p\u00eache sur un fond de sable, dans une eau presque froide par ce courant qui vient de la fosse au large, o\u00f9 les profondeurs seraient le refuge du malin.<\/p>\n\n\n\n<p>Phil Siep<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Gabian D\u00e9cha\u00een\u00e9 et le forum de cassis ?!Un vieux monsieur me fera un grand plaisir un soir, en me confiant:\u2013 Tu sais que ton forum, c\u2019est un journal citoyen engag\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre le pays comme il n\u2019y en avait jamais eu depuis fort longtemps\u2026En remontant dans le temps, je ne vois que celui d\u2019Emile [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-46","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=46"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":49,"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46\/revisions\/49"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legabiandechaine.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=46"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}